Témoignage d’un vendangeur, ravi de son job étudiant

Tenté par les vendanges 2011 (voir les offres d’emploi pour les vendanges)? Pour en savoir plus sur ce job d’été qui se pratique en particulier en Champagne, en Alsace, dans le Beaujolais ou en Bourgogne, Beepjob a interviewé pour vous un vendangeur: Harold, 19 ans, étudiant en fac de communication à Paris.

«La nuque bien trop bronzée,  les avants bras griffés, encore quelque pépins de raisins dans les cheveux : pas de doute, le jeune homme à côté de vous dans l’amphi a fait les vendanges cet été. Et il a eu raisin. Raison.

J’ai été et je serai je l’espère encore ce jeune homme assis qui aura participé à ce mythique job étudiant. Bien sûr, ça n’est pas simple. Levé avant les premières chaleurs, à 6h, pour être dans les vignes à 7h. On vous scrute, on vous fait comprendre qu’il faut mériter sa paie : l’homme qui vous hurle « la tête dans le cèpe ! » – charmant nom du pied de vigne – est un vigneron qui joue toute son année, son salaire, sur votre travail. Alors forcément, aux premiers abords, son air rustre et ses petites piques pour vous faire vendanger plus vite sous un soleil de plomb – ou une pluie battante, au choix – ont traits au calvaire. Mais il faut le comprendre, et dès lors, l’envie du travail bien fait, de la tâche accomplie vous gagne. Puis, une main complice vient vous aider, si vous êtes un peu à la traine dans votre interminable rangée, qu’il faudra bien sûr finir. Un autre vendangeur. On touche alors à la nature même des vendanges : une belle aventure humaine. Unis dans l’adversité, on parle avec son voisin pour passer le temps. On chante. On découvre des gens de tous horizons : étudiants, saisonniers, ou étrangers venus profiter du salaire plus haut que chez eux. Melting-pot social assuré.

Arrive la fin de journée tant attendue : les liens tissés le dos courbé se resserrent le soir, un verre levé. C’est d’autant plus facile que chez presque tous les vignerons, le vin est à volonté. Comme l’a dit mon patron  dans le beaujolais une année, « le rosé, ici, il nous coûte moins cher que l’eau ». On est saouls, bien sûr. On philosophe et on joue de la guitare. On vit. A tel point que chaque  journée, si dure soit-elle, est éclipsée par les bons moments passés chaque soir. Bien sûr, le lendemain est difficile et on se dit que ce soir on s’endormira à 21h. Eh bien, non, ça serait trop facile. C’est ça les vendanges.

Puis vient la fin. Votre dos l’attend depuis 10 jours, c’est à dire le premier, pour des vendanges communes. Vous n’en êtes pas peu fier, vous l’avez fait, vous avez tenu la saison. Et la paie va arriver. Comptez environ 50 € net par jour. Vous partez alors la besace pleine d’espèces sonnantes et trébuchantes, des souvenirs pleins la tête, et 2 bouteilles offertes par le vigneron, c’est la coutume. Les adieux sont souvent déchirants, vous ne les connaissez que depuis à peine une semaine, mais vos compagnons d’infortune vont vous manquer. Qu’à cela ne tienne. Un an bientôt après mes dernières vendanges, je revois encore des vendangeurs, qu’ils habitent à Marseille ou Anvers, pour sourire à l’évocation d’innombrables souvenirs, bons ou mauvais. Et ma phobie du raisin rouge commence à s’estomper. Je crois que cette année, je referai les vendanges. Encore. »

Plus d’infos sur les vendanges ?

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